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Elections | Régionales 2004

19 février 2004 - Intervention de Patrick Garnon, président des Verts PACA et candidat sur la liste de la Gauche Unie.
> "Cette campagne est d'abord celle de tous, pour une région au service de nos concitoyens..."

D'abord mon plaisir d'être ici avec vous si nombreux (salle comble : 700 personnes), parce que cette campagne régionale, au delà d'être celle des candidats, est d'abord celle de tous, pour une région au service de nos concitoyens, et d'abord des plus en difficulté, et pas au service des plus riches et des actionnaires des multinationales.

Oui, nous voulons changer ce monde où le pillage de la planète, la dégradation des milieux, la disparition des espèces, les changements climatiques s'aggravent chaque jour, comme s'aggravent la misère, le chômage, les inégalités sociales et la ruine des pays pauvres.

Un autre monde est possible disent nos amis altermondialistes : bien sûr, à condition qu'on se souvienne que nous n'avons qu'un seul monde, et qu'il ne faut pas le détruire.

Pour ces changements, nous n'attendons pas le grand soir : nous devons changer les politiques publiques ici et maintenant.

Combattre le gouvernement le plus réactionnaire qu'on ait connu depuis 50 ans, qui s'acharne à démolir jour après jour les conquêtes sociales, les 35 heures, la retraite, la sécurité sociale, le droit du travail en se mettant au service du patronat, qui désespère la culture, la santé, la recherche, la justice, les associations, les travailleurs sociaux, les enseignants et les parents d'élèves...

Ce gouvernement qui démolit aussi méthodiquement - avec madame Bachelot - les timides avancées obtenues par D. Voynet et Y. Cochet, de la loi littoral et montagne aux compromis difficilement établis sur la chasse, qui relance le nucléaire...

Et aussi ce gouvernement qui, pendant que "Super menteur" nous amuse avec la charte de l'environnement, fustige la Commission européenne quand celle-ci tente de faire connaître les effets sur la santé des 100.000 substances chimiques qui se promènent en toute impunité, aggravent la pollution, l'effet de serre et notre état de santé.

Ce gouvernement fait le lit du Font National chaque jour, et nous sommes inquiets de la réaction de tous ceux qui subissent les effets de ses mesures. Sarkozy, Fillon, Raffarin et Muselier travaillent pour Le Pen.

Quant à Monsieur Le Pen s'il fait du vent avec son éligibilité dans notre région, c'est pour masquer un programme de régression sociale et des libertés qu'il n'ose pas présenter aux Provençaux, Alpins et Azuréens.

Oui, nous devons combattre cette droite, et faire de notre région aujourd'hui, comme de nos communes, et de la France demain, des exemples.

Une autre politique est possible, une autre politique est nécessaire.

La majorité régionale sortante a bien travaillé, malgré les difficultés de la majorité relative : lycées, déchets, transports, emplois... elle a posé des bases pour l'avenir, il faut continuer et amplifier.

Notre programme est bâti dans cet esprit, et nous l'appliquerons ensemble. Pas en élus de droit divin qui savent tout et décident tout pendant 6 ans.

L'implantation d'un équipement public, les horaires de transport, les maisons de retraite ou de service public, sont d'abord le fruit d'une volonté politique, mais doivent se faire avec et à l'écoute des usagers et des habitants : les forums sociaux, les comités de lignes, les conseils de développement des territoires doivent se multiplier.

Dans nos zones rurales comme dans les quartiers défavorisés, nous devons poursuivre notre soutien à l'économie sociale et solidaire, aux très petites entreprises, avec la création d'emplois de proximité, et
dans les associations, notamment au service des plus modestes et des personnes âgées.

Nous devons changer de politique agricole, cesser d'accompagner la politique désastreuse de l'Etat, pour aider à l'installation de petites exploitations polyvalentes, de circuits courts de vente et l'agriculture biologique. On attend encore les chevriers et maraîchers à installer aux portes de Marseille promis par Monsieur Gaudin en 98. Au lieu de la vie, le feu continue !

Nous devons changer de politique touristique, pour développer l'accueil dans nos villes et nos villages et pas des stations ruineuses et polluantes. Le tourisme doux de découverte de la nature, de nos paysages et de notre culture, de repos et de calme.

Nous devons assurer la priorité aux transports en commun au détriment de la route et de l'automobile : le train, et d'abord ici la ligne des Alpes et le train des Pignes, les bus et taxis collectifs en zone rurale.

Malgré les efforts accomplis l'essentiel reste à faire compte tenu du retard accumulé.

Moins pour la route, mais pas pour n'importe quelle route : améliorer la desserte et la sécurité, construire des pistes cyclables en zone urbaine.

Que les entreprises de BTP se rassurent : ce n'est pas parce qu'on ne fera pas dans les 25 ans à venir - et espérons jamais - ces autoroutes ruineuses et inutiles que sont l'A 51 et le barreau Digne-Peyruis qu'il n'est pas urgent d'améliorer ce qui doit l'être, et notamment réhabiliter complètement la ligne des Alpes, et faire le tunnel de ferroutage sous le Montgenèvre.

Nous devons développer une autre politique de l'énergie.

Vous savez que nous, écologistes, sommes opposés au projet ITER, à Cadarache - comme au Japon d'ailleurs - tant il symbolise la fuite en avant dans le gigantisme et les gaspillages, la foi aveugle dans un progrès incertain, l'aggravation des inégalités entre riches et pauvres.

Mais il y a beaucoup à faire en matière d'énergies et d'emplois à créer : à commencer par le solaire, quand on sait que notre région a moins de m2 de panneaux que l'Alsace, sans parler de l'Allemagne ou du Danemark !

Avec les économies d'énergies et les nouveaux matériaux pour lesquels les recherches doivent se multiplier, quand le gouvernement a divisé par 6 le budget d'intervention de l'ADEME.

Avec la filière bois, si importante dans nos Alpes, qui peut et doit créer de nombreux emplois dans notre département, entretenir les forêts au lieu des Canadair.

Nous devons permettre l'accès au foncier pour les agriculteurs, pour les logements sociaux, et protéger nos sites remarquables, au lieu de laisser faire la spéculation effrénée que nous subissons.

Enfin, nous devons adopter une autre organisation.

Dans une région aussi diverse et contrastée que la nôtre doit s'imposer une politique territoriale de proximité avec et au service des pays et des communautés de vie .

Je n'évoquerai pas tous les sujets par manque de temps : la mer, la coopération par delà la Méditerranée et avec l'Italie voisine, la formation professionnelle, les déchets, l'eau...

Nous avons tant à faire pour changer le monde, pour apporter un vrai mieux être à nos concitoyens, et d'abord à ceux qui n'y croient plus.

Nous le ferons ensemble, parce que nous y sommes résolus ensemble, et que nous battrons ensemble la droite et l'extrême droite.

Je vous remercie.

Patrick Garnon.


 

 

 

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