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Dossiers | Transports
> Gap, le 10/12/02
Transports et aménagement
des territoires :
(3) Les "dégâts collatéraux" toujours
oubliés !
Il est prouvé que l'impact
à long terme des émissions de gaz polluants par
les transports est significatif sur le réchauffement climatique.
Le transport est responsable, d'environ 30 % des émissions
de gaz carbonique (CO2) l'un des principaux gaz à effet
de serre. Entre 1990 et 2001, les émissions dues aux transports
ont augmenté de 26,2 % !
Les Alpes, et les massifs montagneux
en général, sont très sensibles au réchauffement
climatique. Les zones de montagnes cumulent des facteurs de fragilisation
au regard des effets de la pollution routière : vulnérabilité
accrue des écosystèmes du fait des sols pauvres,
des climats rudes... Si le trafic routier continue à augmenter
de façon exponentielle en Europe, les conséquences
sur les montagnes seront irréversibles.
De 1946 à 1981, à
Grenoble, les moyennes estivales s'établissent à
20°C. De 1982 à 2000, elles ont atteint 21,7°C.
Et c'est la moyenne montagne qui accuse le plus cette évolution.
A ces coups de chaud du thermomètre, il faut ajouter les
soubresauts de plus en plus fréquents et violents de la
nature : crues centennales, chutes de neige du siècle
sur les Alpes du Nord en 1999, avec leurs cortèges d'avalanches,
débordements dévastateurs dans le Queyras en 2000...
Dans l'hypothèse d'une
augmentation de la température de 1,8° à 1.500
m d'altitude, le centre d'étude de la neige, service spécialisé
de Météo France, prévoit que la durée
de l'enneigement passerait de 170 à 140 jours dans les
Alpes du Nord et de 124 à 87 jours dans les Alpes du Sud.
Cela donne pour quelques-unes de nos stations : Dévoluy
: 132/87 - Champsaur : 122/87 - Queyras : 118/79. Les stations
de moyenne montagne ne disposant pas de domaine d'altitude seront
touchées de plein fouet.
Les 7.700 canons à neige
qui, en 2000, équipaient 124 stations de ski françaises
permettant d'enneiger 4,2% des domaines skiables. Ils ne suffiront
jamais à pallier au manque de neige. De plus, la fabrication
de la neige de culture nécessite d'énormes quantités
d'eau ainsi que l'emploi d'additifs dont l'innocuité en
matière d'environnement (pollution des prairies, nappes
phréatiques et cours d'eau notamment...) n'est pas prouvée,
ni même vraiment étudiée d'ailleurs. Mais
en attendant les progrès de la science, on les utilise
sans précaution !
- Les dégâts sur
la santé humaine
Les camions qui traversent les
territoires de montagne polluent trois plus qu'en plaine (pentes
à gravir et dispersion des polluants rendue difficile
par les dénivelés importants).
Depuis les années 90,
on tente d'estimer l'impact de la pollution sur la santé.
L'OMS (Organisation mondiale de la santé) a publié
en 1999, une étude réalisée en France, en
Autriche et en Suisse : elle révèle que la pollution
routière en France coûte socialement 21 Milliards
d'euros par an !
Le nombre de décès
attribuables à la pollution routière, toujours
d'après cette étude, s'élève en France
à prés de 18.000 personnes, pour un coût
de 15 Milliards d'euros, auxquels il faut ajouter les 19.000
hospitalisations (bronchites chroniques, aiguës chez les
enfants et crises d'asthme).
- Les dégâts sur
la qualité de la vie
Les habitants des vallées
traversées par les poids lourds sont de plus en plus nombreux
à s'insurger contre les nuisances de toute sorte : poussières,
bruits, insécurité... Qui donc prendra un jour
en compte leur légitime et nécessaire qualité
de la vie ?
- Les dégâts sur
l'environnement
En dépit de leurs efforts
de communication tendant à le faire croire, les entreprises
de travaux publics ne savent pas faire d'infrastructures routières
qui ne détruisent pas la nature, soit directement, soit
par effet induit. Une autoroute à deux fois trois voies
occupe un espace de 35 mètres de large alors que 15 mètres
suffisent pour une ligne de chemin de fer à double voie.
De plus, une ligne TGV transporte deux fois plus de voyageurs
qu'une autoroute.
Les sommes colossales investies
dans les infrastructures routières ne peuvent l'être
dans d'autres secteurs d'activités pourtant essentiels:
éducation, formation, social, transports collectifs...
Quand dans les Hautes-Alpes le
Conseil Général décide d'une contribution
de 50 millions d'euros en faveur du tracé de l'autoroute
A 51 par l'Est de Gap, il consacre - sans débat public
digne de ce nom - l'équivalent de 50% de son budget annuel
à la construction de... 2,5 à 5 km de cet autoroute
!
Que penser alors de l'utilité
de l'obole symbolique de la Chambre de Commerce et d'Industrie
de 762.000 euros sur 10 ans ?
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