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Dossiers | Transports

> Gap, le 10/12/02
Transports et aménagement des territoires :
(2) Festival de faux-choix, de non-choix et de choix irresponsables...

  • L'imposture routière

La préférence routière et le choix national du "tout-autoroute" seraient liés au coût moindre du transport routier. Mais on ne parle jamais de coût réel...

En 1999, L'association France Nature Environnement démontre que le Ministère de l'Equipement a toujours privilégié, la construction de ce type d'infrastructures : en minimisant le nombre de kilomètres d'autoroutes (" le territoire est enclavé "), en ne présentant pas les comptes des SEMCA (Sociétés d'économie mixte de construction d'autoroute) lourdement déficitaires et endettées (4,5 milliards de dettes garanties par l'Etat !), en cachant le fait que toutes les autoroutes rentables sont construites sur des bases d'études trafic et des coûts croissants de construction dans des zones difficiles...

La taxation préférentielle du gazole, les péages réduits, les lois sociales d'un autre âge pour les routiers, le coût financier astronomique des accidents de la route (sans parler des coûts humains !) pris en charge par la sécurité sociale, les coûts d'entretien largement payés par les véhicules individuels et les impôts devraient logiquement être considérées comme des "subventions occultes" au transport routier.

Les arguments chocs des promoteurs des projets sont toujours les mêmes : développement local, désenclavement des territoires, chantiers créateurs d'emploi, implantation des entreprises, développement du tourisme.

Vous avez dit "création d'emploi" ?
Monsieur Alain Dupont, Président de l'union routière internationale déclare devant le Sénat : " en matière autoroutière, nous sommes quasiment arrivés au maximum de productivité, d'ailleurs, il n'y a plus personne sur ces chantiers, si vous voulez créer de l'emploi, il ne faut pas faire d'autoroute, il n'y a que des machines, c'est automatisé "... Et les constats se multiplient sur tout le territoire : les autoroutes et les grands axes routiers "vident" les territoires qu'ils traversent plutôt qu'ils ne les "remplissent" : destruction d'emplois existants, dépérissement du commerce local, émigration des PME-PMI, dévalorisation du tourisme rural et des activités récréatives nécessitant un environnement de qualité, calme et serein (Exemple de l'autoroute A75 Clermont-Ferrand - Béziers).

Vous avez dit "développement économique" ?
Les contrats de plan Etat-Région, sources majeures de financement des infrastructures, se construisent sur des enveloppes déterminées. Chaque million investi dans les routes est un million de moins pour l'aide au développement local, à l'éducation, aux services publics de transports, à la santé, au social...

Les grandes infrastructures routières amorcent toutes des spirales infernales. Elles suscitent toujours plus de déplacements qui demandent toujours plus d'autoroutes...

  • L'alternative ferroviaire

Le secteur des transports engloutit un quart de l'énergie produite en France. C'est davantage que l'industrie. Il consomme 60 % des importations de pétrole, ce qui en fait le premier facteur de dépendance énergétique de la France.

Le transport ferroviaire joue un rôle modérateur décisif dans ces lourdes évolutions. À service égal, il consomme environ deux fois moins d'énergie que le transport routier et trois fois moins que le transport aérien. En outre, pour plus de 90 %, c'est l'électricité qui fait avancer les trains. Et pourtant, la SNCF consomme moins de 2% de l'énergie électrique produite en France.

Le transport ferroviaire est aussi un atout maître pour désengorger les routes : pour transporter par route le fret contenu dans un train de marchandises, il faut en moyenne cinquante poids lourds.

Alors qu'il assure 8% du transport voyageurs et 20% du fret, le rail n'émet en effet que 0,6 % du gaz carbonique produit par cette activité en France. La comparaison vaut aussi pour les autres gaz polluants rejetés dans l'air par l'ensemble des moyens de transports : 94 à 99 % proviennent du trafic routier. Dans tous les cas de figure, le train est entre 10 et 20 fois moins polluant que la route.

Le ferroutage est intéressant pour franchir les obstacles comme les montagnes. En France, moins de 20% des marchandises sont transportées par le rail. La Suisse a intégré dans sa constitution le principe du basculement du transport de la route vers le rail. Résultat : elle transporte dès maintenant 70% de ses marchandises par le rail.

 

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