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Conseil Municipal de Gap
- 23/09/2005
"L’autoroute ! L’autoroute !
L’autoroute !" - Intervention de Michel Olivier,
Conseiller municipal Vert de Gap
« Alors, il faut prendre les choses comme
elles sont, car on ne fait pas de politique autrement que sur des
réalités. Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise
comme un cabri en disant l’autoroute ! l’autoroute !
l’autoroute ! mais cela n’aboutit à rien et cela ne
signifie rien. »
Or, les réalités d'aujourd'hui, quelles sont-elles ?
L'ère de l'énergie bon marché est terminée.
En une seule génération, notre civilisation occidentale
si orgueilleuse et imbue d'elle même aura épuisé
des ressources que la planète a mis des millions d'années
à constituer, confisquant à son seul usage, à son
seul profit, les trésors enfouis dans le sous-sol de pays mis au
pillage.
Ce faisant nous avons déréglé les
équilibres fragiles des climats, rendu invivables nos villes,
pollué nos vallées, assassinant à petit feu des
milliers, que dis-je, des dizaines, des centaines de milliers
d'habitants. Combien sont morts d'insuffisance respiratoire, leur
organisme refusant ce doux mélange d'ozone, d'acide carbonique,
de poussières de suie, de plomb, de souffre, de monoxyde de
carbone...
Alors pour ceux là restait un refuge : les hautes vallées
alpines, où la pollution restait à distance... et
où leur poumons retrouvaient quelques capacités
respiratoires.
Et c'est là que vous voudriez, Monsieur le Maire, faire passer
votre couloir à camions crachant leurs fumées noires.
Mais renseignez-vous ! Demandez aux habitants de la Maurienne ce qu'ils
pensent du paradis autoroutier !
Les Hautes-Alpes seraient moribondes
à cause de l'absence d'autoroute.
Ah oui ? N'est-ce pas vous, Monsieur le Maire qui revendiquez haut et
fort un nouvel habitant par jour à Gap ?
Et les exemples sont nombreux de nouveaux arrivants dans notre
département, venant chercher un peu d'air pur, de soleil et de
nature. S'ils ont choisi les Hautes-Alpes, c'est justement parce
qu'elles sont encore un tant soi peu préservées de ce
monde du tout automobile.
Enclavées,
les Hautes-Alpes ?
Allons ! Depuis la plus haute antiquité, notre pays a
été un lieu privilégié de passage. Il
paraîtrait même qu'on y serait passé avec des
éléphants il y a plus de deux-mille ans... et sans
autoroute ! Il est vrai qu'ils arrivaient d'Afrique...
Enfin, nous
avons entendu cet été que notre Premier Ministre,
Monsieur de Villepin, envisageait de brader le réseau
d'autoroutes, payées en grande partie par l'argent des
contribuables.
Tout d'abord surpris et indigné par cette mesure, j'ai pu
mesurer la clairvoyance et l'intelligence du chef du gouvernement : car
gouverner c'est prévoir, et Monsieur de Villepin a très
vite compris que ce réseau serait bientôt inutile et
obsolète, sinon pour y faire des courses de vélo ou de
char à voile. Il vallait mieux alors le vendre très vite
avant que les sociétés privées ne se rendent
compte de ce piège dans lequel elle tomberont.
Alors finalement, oui à la privatisation ! Et en particulier
pour ce tronçon que vous réclamez tant : d'accord, mais
uniquement sur fonds privés ! Pas un centime d'argent public
pour ce bout de bitume qui sera de toute façon privatisé
à courte échéance, volant l'argent des
contribuables.
Prenons le modèle britannique, celui du tunnel sous la Manche.
Demandez aux actionnaires ce qu'ils pensent de ce montage !!!
Un petit couplet pour notre très
chère députée, qui traite nos voisins de
Rhône-Alpes d'étrangers.
Il me semblait qu'historiquement Gap faisait partie du Dauphiné,
et ce n'est qu'assez récemment que l'administration de la
Vème république nous a rattachés à la
Provence.
Mais qu'importe, il s'agit bien de la liaison Grenoble-Sisteron... et
que je sache, Grenoble est bien en région Rhône-Alpes.
C'est donc à bon droit que les Rhônes-Alpins, et tout
particulièrement les habitants du Trièves, au premier
chef concernés par le tracé du ruban noir, peuvent
s'exprimer dans les réunions de la CPDP.
Rédigeant cette
intervention, j'écoute cette vieille chanson de Mireille...
(Paroles:
Jean Nohain. Musique: Mireille 1933
© 1933
Editions Raoul Breton) Texte original, sans retouche !
Pour
aller à la Préfecture
Prends la route numéro trois
Tu suis la file des voitures
Et tu t'en vas tout droit, tout droit...
C'est un billard, c'est une piste,
Pas un arbre, pas une fleur,
Comme c'est beau, comme c'est triste,
Tu feras du cent trente à l'heure
Mais moi, ces routes goudronnées,
Toutes ces routes
Me dégoûtent,
Si vous m'aimez, venez, venez,
Venez chanter, venez flâner
Et nous prendrons un raccourci :
Le petit chemin que voici...
Ce petit chemin... qui sent la noisette
Ce petit chemin... n'a ni queue ni
tête
On le voit
Qui fait trois
Petits tours dans les bois
Puis il part
Au hasard
En flânant comme un lézard
C'est le rendez-vous de tous les insectes
Les oiseaux pour nous, y donnent leur
fêtes
Les lapins nous invitent
Souris-moi, courons vite
Ne crains rien,
Prends ma main
Dans ce petit chemin !
Michel Olivier,
Conseiller
Municipal Vert de Gap.
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