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Contribution des Verts Hautes-Alpes
Liaison Grenoble- Sisteron / Autoroute A 51
: Pour une politique
globale, cohérente et durable des transports (version 13/06/05)
Dans
le cadre du débat public en cours, en vue de la
réalisation de la Liaison Grenoble - Sisteron (LGS), les Verts
des Hautes-Alpes viennent de rédiger le texte ci-dessous,
transmis au Président de la Commission, en vue de sa parution
sour la forme d'un cahier d'acteur...
1 - Introduction
La liaison
routière Grenoble - Sisteron a enfin droit à un
débat public, et c'est une très bonne nouvelle ! Les
Verts s'associent pleinement à cette démarche de
débat public citoyen qu'ils réclament depuis longtemps.
En effet,
depuis les origines du projet, les Verts dénoncent l'aveuglement
induit par le fantasmatique A51, tout autant que le fait que, pendant
ce temps, il n'y a pas eu d'entretiens des routes nationales, pas de
déviations des bourgs, pas de développement des
transports en commun et aucune modernisation des trois axes
ferroviaires desservant les Hautes-Alpes : c'est à dire aucune
amélioration significative de cette liaison Grenoble - Sisteron.
Depuis vingt
ans, la politique des transports sur cet axe routier semble se
résumer à la seule incantation sans lendemain "Avec
l'A51 tout ira mieux !"...
Dans le
même temps, au niveau national, pas grand chose non plus n'a
été fait en ce qui concerne les problématiques de
transports dans les territoires de montagne. De plus, la France n'a que
peu ou pas mis en oeuvre les principes de la Convention Alpine et du
Livre Blanc Européen des Transports. Elle n'a pas non plus
engagé la moindre politique en matière de
réduction des transports à la source : transports
inutiles, circulation des camions à vide, suremballages...
Que de temps, d'argents et d'énergies gaspillés !
2 - Parmi les points
importants sur lesquels les Verts 05 souhaitent attirer l'attention
dans le cadre de ce débat, mentionnons en premier lieu :
*** L'enclavement
Les
Hautes-Alpes seraient enclavées ? Comment alors expliquer
l'accroissement constant du nombre d'habitants, le développement
conséquent du tourisme ainsi que l'envolée des prix du
foncier constatés depuis plusieurs années ?
En quoi
l'aménagement d'une autoroute qui ferait gagner 6 minutes sur le
trajet Marseille Saint-Bonnet, ou 11 minutes sur le trajet
Marseille-Grenoble, constituerait un réel progrès ?
Quel serait
le retour sur investissement de tels travaux ? Le prix de la minute
gagnée est réellement extravagant en regard des
investissements réalisés sur fonds publics
(c'est-à-dire avec l'argent des citoyens contribuables),
auxquels il ne faut bien évidemment pas oublier d'ajouter les
futurs péages et les coûts environnementaux !
*** L'économie
L'autoroute
serait indispensable pour faire venir des entreprises dans les
Hautes-Alpes ? Pourtant, dans les cas récents de Lustucru-Riz
à Arles, ou d'Arkema à Chateau-Arnoux Saint-Auban, la
présence de l'autoroute aux portes de ces entreprises ne les a
aucunement retenues.
De plus, de
nombreuses études montrent que, plus il y a des voies de
communications traversant les Alpes, plus le nombre de véhicules
traversant les Alpes - et ne faisant que les traverser ! - augmente.
Celà, non seulement sans apporter aucune participation
significative à l'économie locale, mais en plus en
cassant le développement économique des centres-bourgs,
des commerces et entreprises artisanales, et en
accélérant la fuite des services de proximité et
des services publics.
L'autoroute
est également souvent présentée comme l'atout
essentiel pour le développement du tourisme dans nos
départements alpins. Or, les analyses de fréquentations
touristiques montrent clairement que les choix actuels (et ceux
en devenir) de la clientèle française et
étrangère sont largement conditionnés par la
recherche d'un tourisme doux, au sein d'espaces naturels
préservés, bien loin des "modèles" du tourisme
industriel et de masse. A l'évidence, dans nos vallées,
le véritable avenir est à un tourisme durable, valorisant
les hommes et les femmes, les territoires, les richesses culturelles et
patrimoniales et les productions locales (agriculture, artisanat,
circuits courts...).
*** L'environnement
Du fait des
atteintes occasionnées à leur cadre de vie, les habitants
des Alpes françaises et européennes sont d'ores et
déjà victimes, dans de nombreuses situations, de
l'ineptie du développement routier et autoroutier engagé
ces dernières décennies sous l'égide des divers
pouvoirs publics (Voir à Chamonix ou en Maurienne par exemple).
Les
coûts sociaux, sanitaires, environnementaux et
économiques, pour l’ensemble de la société,
de ces choix liés au tout-routier, doit impérativement
être rendu public, en toute transparence, et débattu
socialement afin que de véritables choix responsables puissent
être effectuées.
Les impacts
écologiques des choix proposés dans le cadre de ce
débat public (biodiversité, faune, flore,
réchauffement climatique...) et les inévitables
contraintes naturelles (structures géologiques,
instabilités des terrains, inondations, avalanches...) imposent
des aménagements raisonnables et adaptés, incompatibles
avec la réalisation d'infrastructures lourdes. Il est
indispensable de prendre en compte l'énorme travail militant
d'investigation réalisé sur ces sujets, depuis plusieurs
décennies, par les associations de protection de la nature et de
l'environnement.
Les impacts
de la circulation automobile en termes de santé humaine - plus
sensibles en zone de montagne et dans les vallées alpines qu'en
plaine - ne peuvent pas non plus être ignorés : pollution,
bruit, ozone, affections respiratoires, ... Cela nécessite
l'adoption, et le respect, de normes plus sévères qu'en
zones de plaines, et l'application du principe de précaution
inscrit dans la Charte de l'environnement adossée à la
Constitution française.
*** La
sécurité routière
L'option
autoroutière n'apportera que des améliorations marginales
en terme de sécurité routière pour le trafic
local, et dans les villes et villages.
L'urgence est
à l'aménagement et à la sécurisation des
routes nationales et départementales, ainsi que des
traversées de bourgs, tout autant utiles aux habitants
permanents qu'aux habitants temporaires, et trop longtemps
différées.
Les sommes
qui pourraient être affectées à la
réalisation d'une autoroute seraient très certainement
mieux utilisées, et plus utiles socialement et
économiquement, dans ce sens.
*** Les alternatives
Le transport
ferroviaire est le mode de transport le plus écologique : moins
d'énergie utilisée, moins de nuisances et plus de confort
pour les usagers. C'est pourtant celui qui a le moins
bénéficié d'investissements publics, et donc celui
qui est le moins développé dans nos territoires. Ces
choix en faveur du tout routier amènent - par exemple - à
la situation absurde de l'usine d'embouteillage d'eau de "La Roche des
Ecrins" à Chorges qui se trouve contrainte d'abandonner les
transports par rails au profit de la route.
La
priorité donnée depuis des décennies dans notre
pays à la route et au tout autoroutier sur les transports
ferrés entraîne aujourd'hui un retard considérable
- voire irresponsable - qu'il faut absolument combler.
Cela passe
à la fois par une vérité des coûts
respectifs de la route et du rail, et par le développement
d'infrastructures modernes, adaptées aux besoins des
transporteurs routiers et des entreprises ( plate formes multimodales,
autoroute alpine ferroviaire, liaison Lyon-Turin, franchissement du
Montgenèvre, Port de Fos / Marseille, cabotage...)
Cela
nécessite également un développement
conséquent de l'offre en matière de transports en commun
de voyageurs (trains, bus, taxi, covoiturage, auto-partage...) à
élaborer en partenariat avec les diverses collectivités
locales, les associations d'usagers et les entreprises.
3 - Quelques
propositions Vertes dans le cadre de ce débat :
Pour nous,
les Verts, la question n'est pas tant le choix entre l'une ou l'autre
des options mises en débat, que le choix crucial d'une politique
globale, cohérente et durable des transports. Avec notamment la
nécessité d'aborder les dimensions suivantes :
*** Les Alpes...
La
résolution de la question des transports dans les massifs alpins
ne peut pas continuer à être conçue comme si les
Alpes n'existaient pas ! Il faut prendre en compte la géographie
des lieux, respecter les spécificités et aménager
en conséquence.
*** L'Europe...
La vraie
question qui est posée à travers ce débat public
est avant tout celle des transports à l'échelle
européenne, et notamment à travers les massifs
montagneux. Et la réponse ne peut pas être trouvée
ailleurs que dans le cadre d'une politique européenne
ambitieuse, que les Verts souhaitent voir appuyée sur les
principes de la Convention Alpine et sur le respect de normes
écologiques, sanitaires et sociales rigoureuses, et bien
évidemment harmonisées au sein de l'Arc Alpin.
*** La
fiscalité...
Les
distorsions de concurrences actuelles en faveur du transport routier,
notamment de marchandises, sont inacceptables. Elles ne pourront
être surmontées qu'avec une politique fiscale courageuse,
innovante et adaptée aux spécificités des
territoires de montagne.
En ce qui
concerne les voitures particulières il faut intégrer
dès maintenant, dans les réflexions qui président
à des aménagements structurants destinés à
durer plusieurs décennies, les limites du système actuel
: raréfaction et renchérissement du pétrole,
pollution atmosphérique croissante, investissements
routiers pharaoniques, coûts humains et financiers des accidents
de la route...
Même si
la question n'est pas explicitement posée dans le débat,
la vérité des coûts de la route doit être
recherchée. Les impacts des évolutions à venir -
par exemple en termes d'écotaxe ou d'application du principe
pollueur-payeur - ne peuvent être passées raisonnablement
sous silence.
*** Nous sommes face
à un choix de société...
Les Verts
attendent des engagements fermes des pouvoirs publics
(européens, nationaux, régionaux et locaux) pour une
véritable politique européenne de transports qui mettra
l'accent sur le développement du ferroutage, des transports
combinés et des indispensables autoroutes alpines ferroviaires
et qui n'oubliera pas les nécessaires aménagements
routiers sur les liaisons existantes.
Dans le
même temps, il convient d'engager une réflexion globale
sur le réduction des problèmes à la source :
comment s'attaquer concrètement aux trop nombreux "transports
inutiles", aux voyages de camions vides ou à moitié
vides, aux énormes masses non indispensables d'emballages et de
sur-emballages ?
Le
développement de nos régions n'est pas lié
à une autoroute - qu'elle passe par l'est ou l'ouest de Gap ! -
mais a des choix politiques et économiques courageux capables
d'induire une relocalisation des économies, la promotion des
circuits-courts, l'installation de petites et moyennes entreprises, de
maintenir et d'installer des agriculteurs...
Notre
défi commun est de profiter de ces espaces particuliers que sont
les régions de montagne pour inventer et faire vivre le
développement durable pour le bien de tous.
4
- En guise de conclusions (provisoires !) : les choix des Verts dans le
cadre du débat public
Le rapport
déposé par le maître d'ouvrage - dans la forme dont
nous avons eu communication jusqu'à présent - gagnerait
sans conteste à être plus approfondi, et à dissiper
clairement les impressions d'incohérences qui planent sur un
certain nombre de points : chiffrages financiers des options,
contraintes géologiques, impacts sur le milieu naturel....
De plus, les
incertitudes actuelles sur le plan de financement des
différentes options (et notamment les niveaux respectifs
d'engagements de l'Etat, des collectivités locales et du
concessionnaire) ne sont pas de nature a permettre à ce jour un
réel choix citoyen en toute connaissance de cause.
Dans tous les
cas de figure, les Verts se prononcent en faveur d'un
aménagement des routes nationales existantes, allié
à des améliorations significatives du réseau
ferroviaire fret et voyageurs et à une politique ambitieuse de
développement des transports collectifs.
In fine, la
question qui est posée aux citoyens à travers ce
débat public sur la LGS est celle de l'utilisation des quelques
1 à 2 milliards d'euros qui pourraient y être
consacrés. Les Verts pensent qu'ils peuvent être
utilisés autrement, et de façon infiniment plus
judicieuse et plus profitable pour les citoyens et leur environnement.
Et, dans la mesure où les fonds publics, c'est-à-dire
l'argent du contribuable, sont largement engagés dans ce projet,
il est indispensable que le débat porte fondamentalement sur ce
choix !
En savoir plus :
- Hervé
Cazajous - Porte-parole des Verts 05 - Tél : 06.78.12.63.17
- Courrier
électronique : infos@lesverts05.org
- Site
internet : www.lesverts05.org
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