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Dossiers | Réalités départementales

> Gap, février 2004
La politique départementale du Conseil Général et la gestion du Briançonnais :
De l'illusion collective
à la régression programmée !



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 Les Hautes-Alpes :
un département au coeur de béton et de bitume, qui dépouille ses enfants les plus fragiles, pour favoriser les plus nantis...
 

Cette discrimination s'exerce à l'égard des territoires, des générations et des classes sociales...

> TERRITOIRES : La fracture territoriale ronge sournoisement la cohérence de notre département

Les données ci-dessous concernent la période 1999 à 2003 inclus.

  • Briançon-sud engrange 106 MF (16,17 ME) sur la période pendant que les 29 autres cantons se contentent de 32 MF en moyenne (4,88 ME).

  • Les 5 cantons les mieux dotés font en moyenne 77 MF pendant que les autres enregistrent 26 MF. Les 5 cantons de Gap font en moyenne 12,8 MF par canton.

  • La zone nord du département regroupant les cantons de St Bonnet au Queyras et totalisant le tiers des communes du département a bénéficié de 42% des crédits.

  • La zone centre du département, totalisant également le tiers des communes a reçu 32% des crédits.

  • Le tiers des communes constituant la zone sud, du canton de Veynes au canton de Ribiers, s'est contenté de 20% des attributions.

  • Gap quant à elle a reçu 6% des crédits.

Mais que la population ne s'y trompe pas : ce n'est pas parce qu'elle élira un Conseiller Général de droite qu'elle touchera le gros lot ! Seuls les cantons rééligibles à un ou deux ans des élections profitent d'une prime au départ. Il faut bien que Briançon continue à faire son gras !

  • Sur la période, il y a même des cantons de droite qui, relativement au poids de la population dans chaque canton, financent les autres cantons de droite.

  • C'est le cas pour Monetiers les Bains et Embrun par exemple.

  • Gap évidemment est mise à contribution pour une très large proportion.

> GENERATIONS : L'emprunt d'aujourd'hui, c'est l'impôt de demain...

  • Alors que le Conseil Général équilibrait en 1997 son budget avec 10 MF d'emprunt, depuis plusieurs exercices le volume d'emprunt inscrit s'élève à chaque budget primitif à au moins 70 MF.

  • Contrairement à ce qu'affirme le Conseil Général, l'endettement ne diminue pas puisque la somme de la dette contractée et de celle inscrite dans les comptes, restant à contracter, a augmenté de 32% depuis 1997.

Personne ne l'ignore : l'emprunt d'aujourd'hui c'est l'impôt de demain ! Et demain, ce sont d'autres contribuables qui paieront : nos enfants en l'occurrence. Au Conseil Général des Hautes-Alpes, on consomme aujourd'hui les ressources de demain !

> CLASSES SOCIALES : la démonstration de la rentabilité des amis libéraux du Président du Conseil Général n'a pas été établie

  • Les chapitres budgétaires du département consacrés aux services économiques augmentent de 53% sur la période.

  • Parmi eux, le chapitre consacré aux interventions en matière industrielle et commerciale, connaît une explosion littérale de ses dépenses : 388% !
    C'est le chapitre auquel émarge entre autres, Hautes Alpes Développement (HAD).

Les amis d' Alain Bayrou sauront-ils en toute logique ultralibérale présenter un degré de rentabilité suffisamment important pour amortir les dépenses qu'ils occasionnent ?

> AIDE SOCIALE : par rapport aux départements similaires, le département des Hautes-Alpes est le plus roche. Et pourtant, c'est le plus égoïste : les économies sont réalisées au détriment des populations les plus fragiles.

  • Le secteur de l'aide sociale connaît une évolution indigne de notre communauté départementale :
    • hygiène sociale (planification familiale, protection de la mère et de l'enfant, prophylaxie tuberculose, maladies vénériennes, cancer) (-2,25%),
    • hygiène publique (vaccinations) (1,08%),
    • aide sociale aux adultes (handicapés et personnes âgées) (5,5%)
    • aide sociale à l'enfance (enfants et mères) (21,09%),
    • charges d'insertion du RMI (23,29%) :
    • soit pour l'aide sociale 9,57% sur la période à comparer avec les 388% ci-dessus et aux 389% d'évolution de 1997 à 2004 des frais de communication et de réception.

  • Le département des Hautes-Alpes, pourtant le plus riche de la strate (les 18 départements de moins de 251 000 habitants) en matière de potentiel fiscal par habitant, avec son voisin des Alpes de Hautes-Provence, est celui qui dépense le moins pour l'aide sociale : en 2000 il dépensait 371 F par habitant de moins que la moyenne dépensée par les départements de cette strate.

  • Les moyens en ressources humaines consacrés à l'aide sociale ont augmenté de 30,4% sur la période 1997 à 2002, alors que les autres dépenses de personnel ont évolué de 58,7%.

> EXCLUSION : L'exclusion a encore de beaux jours devant elle...

  • En ce qui concerne les mesures pour lutter contre l'exclusion les Hautes-Alpes se situent à 46% au-dessous de la moyenne des dépenses par habitant des départements de la strate.

  • Le RMI-RMA transféré au 1er janvier 2004 aux départements sera sans aucun doute une nouvelle occasion pour la majorité départementale de faire bénéficier le monde de l'entreprise de cette opportunité adoptée sans état d'âme par un gouvernement ayant choisi la régression sociale.

  • A titre d'exemple de ce que peuvent faire les départements, celui de la Creuse, pourtant environ 2 fois moins riche que les Hautes-Alpes, consacre deux fois plus de dépenses par habitant à ses pauvres et trois fois plus à ses exclus.

> RESEAU ROUTIER : Les routes départementales nécessitent beaucoup d'argent dépensé pour un réseau relativement peu important. Quelle compétitivité de nos entreprises de travaux publics ?

  • Le département des Hautes-Alpes dispose d'un réseau routier modeste : 15,3 m par habitant. Ce ratio le situe au 4ème rang dans l'ordre croissant de la strate. Il consacrait en 2001 58,6% de plus par habitant que la moyenne des dépenses effectuées par habitant par les départements de la strate pour leurs routes. Il était d'ailleurs celui qui consacrait le plus de moyens aux routes départementales.

  • La Creuse qui possède le plus de routes des départements de la strate (34,3m/habitant) dépense la moitié de ce que dépense par habitant le département des Hautes-Alpes : pourtant, l'état de ses routes est tout à fait convenable et les habitants de ce département n'ont rien à envier dans ce domaine à notre département !

  • A titre subsidiaire, la question qui se pose est celle de la compétitivité des entreprises de travaux publics du département des Hautes-Alpes.

> EQUIPEMENT : Equipements ou services à la population ? Les gisements d'emplois ne se situent pas toujours où l'on voudrait bien nous le faire croire...

  • C'est également le premier rang qu'occupait en 2001 le département des Hautes-Alpes pour l'équipement brut (routes, bâtiments, subventions d'équipement aux communes) avec une dépense de 49,6% au-dessus de la dépense moyenne par habitant des départements de la strate, soit 70,5 euros par habitant de plus que la dépense moyenne de ces départements.

  • 70,5 euros de plus par habitant cela représente 8,56 millions d'euros (56 MF) en sus de ce qu'aurait dépensé le département des Hautes-Alpes s'il s'était situé dans la moyenne de la strate en 2001, dans le domaine de l'équipement brut !

  • 371 F/habitant en moins pour l'aide sociale c'est 45 millions de francs dont on prive les plus fragiles pour conforter le BTP en particulier : l'arrogant bâtiment érigé par le BTP à Gap en est le témoin provocant.

  • 45 MF par an c'est aussi 420 emplois payés au SMIC, de quoi former et faire travailler une grande partie de notre population touchée par le chômage au service des populations les plus fragiles (maisons de retraite, handicapés, insertion, crêches …). Car 45 MF dépensés pour le BTP ne représentent pas, loin s'en faut, 420 emplois !


La question du choix à réaliser entre équipements et services à la population, mériterait d'être posée aux habitants des Hautes-Alpes.

  • Jusqu'à quand les haut-alpins vont-ils laisser leurs plus fragiles concitoyens être victimes de choix politiques partisans et socialement dévastateurs ?

  • Jusqu'à quand les deux tiers du département vont-ils encore accepter de se laisser dévaliser et spolier ? (voir le Dauphiné Libéré du 23.01.04 "Citoyens unissez-vous !". "…Mais il faut avoir envie d'un Président du Conseil Général issu du Briançonnais".).

Abuseurs ou abusés ? Les abusés devraient pouvoir vaincre car ils sont plus nombreux...


Rappel : ce document est une analyse réalisée conjointement par les élus du Parti Socialiste siégeant au Conseil général des Hautes-Alpes, et par les adhérents des Verts 05.

Vous pouvez réagir, et nous faire parvenir vos observations et/ou témoignages, par courrier électronique >
informations@lesverts05.org


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