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> La politique de la
montagne en Région PACA, Intervention de Marie Bouchez aux
Journées d'été des Verts - Grenoble - Août
2005
Une
grande partie du territoire de la région est située en
zone de massif. Ainsi les seuls départements 04 et 05
représentent près de 40% de la superficie
régionale sur laquelle vivent moins de 6% de la population
totale. Pour dresser un tableau exact du poids de la montagne en
Région PACA, il faut rajouter également une bonne partie
du territoire des Alpes-Maritimes et du Var.
Cette particularité territoriale a eu du mal à être
prise en compte en tant que politique publique dans les
années passées. Il a fallu
l’opiniâtreté de quelques élus, pas
forcément verts mais bien alpins, et de certains techniciens et
chargés de mission, pour qu’enfin s’ébauche
au sein de l’institution régionale, une réflexion
différente et un accompagnement adapté de ces
territoires.
Des "Contrats
Montagne"...
C’est ainsi qu’à l’occasion de la mise en
place en 2000, de la dernière génération des
Contrats de Plan Etat-Régions (CPER), un volet Montagne
intitulé « contrat montagne » a permis
d’instaurer une véritable discrimination positive en
faveur de ces territoires assurant une répartition plus
équitable de la richesse régionale : ainsi dans les
Hautes-Alpes, le ratio subvention régionale par habitant est
passé de 1050 francs/an à 1750 francs/an.
Ces contrats montagne ont mis en avant la nécessité de
dépasser la logique strictement financière pour
commencer à penser en terme de stratégie globale
à partir d’un état des lieux partagé.
A titre d’exemple, à peine plus de 30% des crédits
dédiés au massif ont été affectés
aux stations, contre 70% au cours de la mandature
précédente de la droite conduite par Jean-Claude
Gaudin.
Faciliter
l'entrée en territorialisation...
Il s’agit d’une démarche originale de la
Région PACA, dans laquelle, ses initiateurs ont affirmé
leur volonté de "faciliter l’entrée en
territorialisation" des politiques publiques et l’accompagnement
des démarches de développement local dans le cadre de
contrats transitoires et ce jusqu’en 2003, qui ont
été appelé à s’intégrer dans
les futurs "contrats de Pays".
Un élément de satisfaction pour nous Les Verts, est
que ce travail rencontrant à la même époque la mise
en place des Pays, des Contrats de Territoire, de Parcs Naturels
Régionaux et des programmes européens LEADER + a fait
entrer dans les habitudes des différents acteurs locaux et des
institutionnels, la nécessité de démarches
communes et concertées.
Mais tout
n'est pas Vert...
Pour autant, tout n’était pas aussi vert que nous pouvions
le souhaiter. Pour une bonne part des politiques mises en œuvre
et financées, les élus, décideurs
économiques et autres acteurs locaux se sont souvent inscrit
dans des logiques de guichet, pour des projets à vision
productiviste et consumériste traditionnels dans les
domaines de l’agriculture, du tourisme, des stations des ski, des
infrastructures essentiellement routières.
C’est toujours malheureusement une tendance qui perdure…
(débat Liaison Grenoble - Sisteron, tourisme basé sur le
"développement", stations de ski atteintes du complexe
d’infériorité vis-à-vis des "grandes
sœurs" des Alpes du Nord…)
La
création d'un "Pôle Montagne"...
Depuis les dernières élections régionales, cette
politique connaît un nouveau développement avec la
création d’un pôle Montagne, placé sous la
responsabilité de Joél Giraud,
Vice-Président délégué à la montagne
et aux liaisons transalpines et par ailleurs député PRG
des Hautes-Alpes.
Ce pôle s’appuie sur une équipe permanente de 6
membres, qui a pour mission d’élaborer une politique
régionale de la montagne et d’assurer l’instruction
et le suivi de projet divers s’inscrivant au sein de cet
espace géographique.
5 objectifs principaux ont été
déterminés :
- Schéma
interrégional de massif,
- Stations
de ski (base de travail pour de futurs contrats de stations en
partenariat avec les Conseils Généraux ),
- Les
ORIL (opérations de rénovation de l’immobilier de
loisirs),
- Diversification
touristique été/ hiver,
- et
les dispositifs en faveur des saisonniers.
Pour ce faire, le pôle montagne a adopté une
démarche de mise en place de groupes de travail, de rencontres
avec l’ensemble des acteurs, de réalisation
d’études et de cahiers des charges, le tout devant
être soumis à l’assemblée pleinière
à la fin de cette année 2005.
Il faut insister sur un point important, qui est le souci de
cohérence de cette politique avec les actions conduites par le
Comité de Massif Interrégional des Alpes visant à
prendre en compte, dans un futur schéma interrégional de
massif, les enjeux que sont l’agriculture de montagne, les
transports, la pluriactivité, la saisonnalité, la
forêt, les espaces naturels… et de travailler à la
négociation des nouveaux dispositifs européens
spécifiques, au bénéfice des territoires de
montagne après 2006.
Le regard
d'une élue et militante Verte...
Voilà ce que l’on peut brièvement dire de
l’état actuel de la politique régionale de la
montagne. Maintenant, en terme d’écologie politique,
l’élue régionale et la militante verte que je suis
porte un regard très intéressé mais quelque peu
réservé sur la mise en place d’une telle politique
et notamment sur sa capacité à prendre réellement
en compte des objectifs de développement durable au sens
où nous les entendons en tant qu’écologiste.
En effet, face aux enjeux
environnementaux, climatiques, économiques et sociaux qui sont
ceux du massif alpin, je pense qu’il nous faudra dans les mois et
années à venir être très présent pour
influer positivement sur les choix qui vont être
effectués.
Ainsi, nous Les Verts, nous revendiquons une politique régionale
de massif fortement inspirée par la Convention Alpine et ses divers
protocoles et par le Livre Blanc des
Transports, qui constituent à nos yeux, des
préalables aux orientations politiques régionales et aux
indispensables partenariats et actions communes avec l’ensemble
des pays de l’arc alpin .
Mon expérience actuelle de vice- présidente du Parc
Naturel Régional du Queyras au titre du Conseil Régional
et d’élue référente pour les politiques
territoriales (Pays) me conduit à penser que nous avons du
chemin à faire, à la fois pour convaincre nos partenaires
de la majorité régionale du bien fondé de nos
convictions et de nos propositions, mais aussi pour les faire partager
aux acteurs locaux.
Pédagogie,
dialogue, participation, compromis...
L’une des solutions réside très certainement de
notre part, dans plus de pédagogie, plus de démarches
participatives associant l’ensemble de la population à la
réflexion et aux choix .
Le loup, la neige de culture, les quads et autres 4x4 pour ne citer
qu’eux, sont autant de sujets qu’il nous appartient
d’aborder non pas de manière réductrice et
dénonciatrice, mais dans un souci permanent d’explication,
de négociations et d’élaboration de
propositions réalistes, concrètes et adaptées.
Les Verts ( tout autant leurs élus que leurs militants) doivent
- et c’est une réalité peut être plus
difficile à assumer en zone rurale qu’en zone
urbaine - se positionner dans des démarches de dialogues pour
arriver, dans le meilleur des cas, à des compromis visant
à concilier des inconciliables afin de participer activement
à la vie de ces territoires.
Cela rend encore plus nécessaire une présence forte et
solide des verts au sein de l’instance régionale mais
aussi au sein des exécutifs des collectivités locales.
Il nous faut aussi apprendre, dans un respect mutuel, à
tisser des liens plus opérants avec les associations et les
différents citoyens acteurs présents sur ces territoires
de montagne afin de concrétiser les objectifs qui sont les
nôtres…
Ces objectifs, nous devons les inscrire fortement par une
volonté et des choix politiques Verts pour la montagne.
Je souhaite que cette rencontre, et les différents
ateliers qui aborderont au cours de cette journée
plusieurs aspects touchant à cet espace, en appellent
d’autres afin de nous permettre collectivement de les
finaliser.
Un programme Vert pour la montagne : ce n’est pas un rêve
!!!
Marie
Bouchez
Conseillère
Régionale Verte en Région PACA
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