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Loup
Communiqué de presse
02 juillet 2004
Le loup dans
les Hautes-Alpes : et si on en parlait ?
A la limite des Hautes
Alpes et de la Drôme, dans la haute vallée du Buech,
se pose cette année la question de la présence
du loup, et donc de ses dégats potentiels à l'encontre
de l'élevage ovin.
Il est clair que nous sommes
ici dans une situation très éloignée de
celle de lélevage en grands troupeaux laissés
en estive toute la saison. Mais, un peu comme partout en France,
nous nous trouvons dans un contexte de très grande fragilité
économique de l'activité agricole, principalement
du fait des prix ridiculement bas de la viande, du lait et de
la laine.
Les Verts sont évidemment
sensibles à cette situation.
Ils connaissent bien les éleveurs
concernés ainsi que lhistoire de leur implantation
dans cette vallée, au début des années 1970.
Rappelons donc que certains de
ces éléveurs ont choisis de produire une laine
de qualité (mérinos, mohair, alpaga). D'autres
se sont investis dans filière laitière (avec une
production fromagère locale). D'autres encore dans une
filière viande. Ils ont également monté
des structures de commercialisation et démontrent ainsi
leurs volontés de participer au développement local,
à léconomie et à la vie sociale. Pour
autant, ces éleveurs sont souvent obligés de recourir
à un emploi saisonnier pour compléter leurs revenus,
ou doivent compter sur un apport en salaire extérieur
: le plus souvent, c'est grâce au salaire de la femme qui
a un emploi en dehors de l'exploitation, que celle-ci peut se
maintenir !
Après avoir vécu
il y a quelques années les attaques dun lynx, ces
éleveurs ont accepté son installation dans le territoire
et parviennent à le gérer. Ils sont également
confrontés à la surpopulation des cervidés
et sangliers : leurs cultures fourragères cernées
de forêts font le délice de la faune sauvage, d'autant
plus que les plans de chasse ne sont pas réalisés
par les ACCA (Associations Communales de Chasse Aggrées) .
Récemment, les éleveurs
ont été victimes d'attaques de brebis par des canidés
non encore identifiés. Il serait question d'un loup venu
du Vercors (?).
La DDAF (Direction Départementale
de l'Agriculture et de la Forêt) a provoqué une
réunion avec les éleveurs locaux pour leur présenter
les nouvelles mesures de protection des troupeaux qui leurs sont
proposés : filets, clôtures mobiles, chiens de protection,
emploi et logement des aides-bergers... Mais la contrainte est
financière : lautofinancement laissé à
leur charge est actuellement de 20 %. C'est, bien évidemment,
une charge financière trop lourde à supporter pour
de petites exploitations. Le constat s'impose : ce panel de mesures
proposé par l'administration n'est pas adapté à
la réalité de l'élevage local, qui nest
absolument pas comparable avec celle des grands troupeaux qui
viennent en estive ( 500 à 1.000 têtes).
Ainsi, ces éleveurs de
la haute vallée du Buech - dont certains sont proches
des Verts - ont le sentiment que cest à eux seuls
qu'incombe la responsabilité de gérer la présence
d'un loup qu'ils n'ont pas désiré. Ils obtiennent
en ce sens divers soutiens, comme celui du Conseil municipal
de St Julien en Beauchêne, qui a pris une délibération
sélèvant contre la présence du loup,
et sopposant à toutes contraintes supplémentaires
imposées aux éleveurs.
Bien sur quand nous dialoguons
avec eux, les éleveurs reconnaissent aisément :
- quil est illusoire de
prétendre cantonner le loup au sein d'espaces protégés,
comme des parcs naturels nationaux ou régionaux;
- que les mesures de protections,
efficaces sur les grands espaces et les grands troupeaux (comme
par exemple dans le Vercors), permettent certes d'éloigner
le loups des zones centrales, mais que cela se fait au détriment
des zones périphériques;
- que la déprise agricole
qui a favorisé un reboisement sauvage à faible
valeur commerciale, et donc non exploité (ici de pin
sylvestre), provoque une fermeture du paysage très favorable
au développement de la faune.
Pour les éleveurs, le
désir est grand de trouver une solution efficace - et
pas forcément écologique ! - face à cette
menace qui met en péril leur exploitation. Ils ont besoins
de solutions urgentes, et ne peuvent attendre les deux années
qui permettraient daccumuler les indices de présence
permanente, d'effectuer les constats de dommages pour que la
présence du loup soit officiellement reconnue, et que
se mettent enfin en place un dispositif d'indemnisation. Deux
ans, cela est très long quand on doit vivre de son travail...
surtout quand on n'en vit déjà pas très
bien !
Les Verts, soucieux de
voir se maintenir et se développer une agriculture économiquement
viable et écologiquement responsable dans les terriroires
alpins, entendent travailler avec ces éleveurs et rechercher
avec eux des solutions à leurs problèmes.
La tâche nest pas
simple : elle est à la fois locale et globale. Il s'agit
bien sûr des aspects macro-économiques liés
à la viabilité d'une filière ovine particulièrement
négligée dans notre pays. Il s'agit également
de paramètres plus locaux, associant aux mesures de protection
évoquées plus haut, la mise en place d'une politique
départementale et régionale de commercialisation,
transformation et valorisation des produits fermiers alpins.
Sur la base de ces quelques éléments,
les Verts des Hautes-Alpes souhaitent approfondir le dialogue.
Les réactions, sentiments
et propositions de chacun nous intéressent. N'hésitez
pas à nous en faire part.
Les Verts 05.
Contacts :
- Marie Bouchez
Conseillère Régionale 04.92.53.84.61
- Hervé Cazajous
Porte-Parole 06.78.12.63.17
- mel : infos@lesverts05.org
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