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Dossiers | Energie
> Groupe des Verts au Conseil Régional PACA
Voeu présenté par le groupe des élus Verts
relatif à l’implantation probable d’ITER à Cadarache (vœu porté en séance par Jean-Luc Bennahmias, le 22 octobre 2004)
A la veille de
la décision officielle de l’implantation du projet ITER sur le
site de Cadarache dans les Bouches-du-Rhône, les conseillers
régionaux souhaitent rappeler leurs réserves sur le
projet même ainsi que le bon accord trouvé entre les
partenaires de la majorité sur le sujet.
Certes, les conseillers régionaux Verts provençaux
reconnaissent que le projet ITER de fusion thermonucléaire
est sur le papier séduisant. Le défi
prométhéen de reproduire sur Terre et par la main de
l’Homme un petit soleil est susceptible d’enflammer les imaginations et
de faire rêver le monde scientifique. On ne peut être que
réceptif lorsque les promoteurs du projet nous font miroiter la
possibilité d’une production d’électricité
abondante, bon marché, quasi-éternelle, sans risque ni
déchet (ou si peu)…
Toutefois, il convient de tempérer cet enthousiasme par toute une série de bémols et de questions :
- Si le défi théorique
et scientifique est stimulant, sa réalisation technique
apparaît peu probable de l’avis d’un grand nombre de
scientifiques et d’experts en nucléaire. Cet optimisme
béat envers le progrès n’est pas sans rappeler les
promesses entendues avec la surgénération qui devait
régler notre dépendance énergétique. Or,
Superphénix a fonctionné trois mois avant d’essuyer une
série d’avaries dont il ne s’est jamais remis (fuites,
fissurations du réacteur, contraintes thermiques et chimiques
non maîtrisées).
- La production
d’électricité n’est pas prévue dans l’actuel
projet ITER de fusion de l’hydrogène et du tritium sur une
période de 20 à 30 ans. Il faudra ensuite coupler
le réacteur de fusion avec un échangeur thermique sur une
période de deux à trois décennies encore,
construire un premier prototype de production
d’électricité sur une période similaire avant de
l’exploiter industriellement. C'est-à-dire que la fusion
nucléaire ne serait susceptible de produire de
l’électricité qu’à l’horizon du XXII eme
siècle.
- Il existe un risque par ailleurs
que les premières retombées concrètes du projet
ITER soient militaires avec le développement et la
prolifération d’armes thermonucléaires. En effet, la
maîtrise de la technologie du tritium et la construction
d’installation de production pourraient permettre, sous couvert de la
légitimation de recherche internationale en fusion
nucléaire, à de nombreux pays de se doter d’armes
thermonucléaires transportables par missiles avec des
têtes nucléaires dopées au tritium.
- Le site d’implantation probable du
projet ITER à Cadarache est soumis à un risque sismique
important qui a conduit (après de nombreuses alertes
d’associations écologistes et de géologues)
l’Autorité se sûreté nucléaire a
demandé la fermeture de l’Atelier de recyclage des
déchets nucléaires et a préconisé le gel
des installations existantes.
- Enfin, reste
l’élément fondamental : le budget de ce projet est
« pharaonique » puisqu’il est évalué à
4,7 milliards d’euros pour la première phase (10 ans), et 10
milliards d’euros pour le projet global. La Région pourrait
verser pour le lancement du projet 152 millions d’euros sur 10 ans.
Le programme
régional de mandature « Notre Région pour tous
» au sujet du projet ITER, prévoit que pour un euro
investit dans ITER, un euro équivalent sera placé dans le
développement des énergies renouvelables, est un
accord exemplaire au sens où il permet de ne pas polariser la
quasi-exclusivité du budget recherche en matière
d’énergie sur le nucléaire.
Il faut savoir qu’aujourd’hui les énergies renouvelables n’ont
bénéficié que de 2% des crédits publics de
recherche et développement dans le domaine de l’énergie
en France. Or, le potentiel de développement des énergies
dites renouvelables (solaire, éolien, bois,
cogénération) est immense notamment sur la Région.
Il faut savoir d’autre part, qu’une politique ambitieuse
d’économie d’énergie et de développement
systématique des énergies renouvelables crée,
à investissement égal, trois fois plus d’emploi que le
nucléaire et, de surcroît, des emplois mieux
répartis sur les territoires.
Il est temps d’opérer un virage stratégique dans notre
politique énergétique en injectant sur 10 ans 152
millions de crédits régionaux pour le
développement des énergies renouvelables. Ce virage est
un pari gagnant.
Les conseillers régionaux de Provence-Alpes-Côte d’Azur
invitent les autres partenaires financiers du projet ITER (l’Etat,
l’Union européenne notamment) à ébaucher ce type
d’investissement paritaire entre la recherche sur la fusion
nucléaire et les énergies renouvelables.
Les
élus Verts de la Région continuent néanmoins
à s’opposer pour les raisons notamment évoqués
plus haut au projet ITER et à son implantation à
Cadarache.
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