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Actualités | Communiqué de Presse

Communiqué, 08 novembre 2005
> Etat d'urgence - Déclaration des Députés Verts

Depuis trois ans, le gouvernement UMP fait dans l’idéologie. Au nom de la primauté du marché, toutes les politiques sociales ont été détruites : suppression des emplois-jeunes, des emplois aidés, coupes des crédits aux équipes éducatives et des subventions aux associations entraînant la fin de leurs activités d’accompagnement social dans les quartiers de politique de la ville.

Alors que les impôts sont baissés pour les plus riches, les diverses aides sociales, dont les aides au logement, ont diminué. La précarité est promue au rang d’avenir indépassable pour de nombreuses populations. La mixité sociale, tant répétée, ne veut pratiquement jamais dire des logements très sociaux dans les communes les plus riches. Il n’ y pas que des ghettos de pauvres, il y a aussi des ghettos de riches !

Et pour couronner le tout, le ministre de l’Intérieur n’a que l’invective à la bouche. En criminalisant tous les jeunes des cités sans discernement, en multipliant les contrôles au faciès, le résultat est de créer des solidarités qui, en dernier ressort, ne profitent qu’à ceux qu’il faudrait encadrer et sanctionner.

Dans une situation d’aggravation générale de la pauvreté, il a suffi d’une étincelle, les propos de Nicolas Sarkozy désignant les jeunes comme de la « racaille », pour mettre le feu dans les cités. Maintenant, le gouvernement cède à la panique et donne tous les pouvoirs au ministre de l’Intérieur. Sa stratégie de la tension a réussi au-delà de toute espérance.

Face aux dérives nihilistes de jeunes ayant perdu tout espoir, ou de personnes qui profitent de la situation pour régler des comptes personnels, il faut tout faire pour rétablir le calme et sortir de l’engrenage inadmissible des agressions contre les personnes et des destructions de biens privés ou d’équipements publics. De ce point de vue, les trois députés Verts saluent le courage et la conscience citoyenne de tous ceux, habitants, enseignants, travailleurs sociaux, qui, dans leurs cités ou leurs communes respectives, vont vers les jeunes pour leur parler, les convaincre d’arrêter cette violence qui se retourne contre leurs voisins, leurs familles... et contre eux-mêmes. Ce n’est pas l’annonce de l’apprentissage à 14 ans et des bourses au mérite, qui va ramener le calme. En revanche : logement, éducation, culture, emploi... toutes les politiques doivent converger pour mettre fin à la ségrégation sociale urbaine.

Ce n’est sûrement pas en décrétant l’état d’urgence et en ajoutant une nouvelle stigmatisation à des quartiers déjà vécus comme des quartiers de relégation, qu’on sortira de la situation actuelle.

Déterrer une loi datant de la guerre d’Algérie, c’est ajouter un symbole lourd de sens à une situation déjà explosive. C’est une fuite disproportionnée dans l’escalade. En annonçant dès maintenant qu’une loi viendra prendre le relais de ce décret, le gouvernement avoue déjà son impuissance à ramener le calme.

Les députés Verts refusent le transfert, de la justice à la police, du pouvoir de perquisition, de jour comme de nuit.

Déjà, parmi les arrestations et poursuites judiciaires de ces derniers jours, il a été démontré que certains jeunes n’avaient eu que la malchance de se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment. Et d’autres ont fait l’objet de dénonciations anonymes abusives. On ne peut donc qu’être inquiet de la restriction du pouvoir judiciaire au profit du pouvoir de police.

La situation, pour grave qu’elle puisse être, ne justifie pas de mettre entre parenthèses les libertés publiques et individuelles dans certains quartiers.

Le jeu normal des institutions est suffisamment bien organisé pour faire face à de telles situations.

Cette décision fait preuve de l’incapacité de ce gouvernement à assumer la conduite du pays et de sa volonté d’utiliser l’insécurité pour se maintenir au pouvoir.

Martine BILLARD, députée de Paris
Yves COCHET, député de Paris
Noël MAMERE, député de Gironde



 

 

 

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