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Paris, 11
avril 2005
> « Nous
sommes les indigènes de la République ! » : Appel pour des Assises de
l’anti-colonialisme post-colonial
Discriminés à l’embauche, au logement, à la
santé, à l’école et aux loisirs, les
personnes issues des colonies, anciennes ou actuelles, et de
l’immigration post-coloniale sont les premières victimes
de l’exclusion sociale et de la précarisation.
Indépendamment de leurs origines effectives, les populations des
« quartiers » sont « indigénisées
», reléguées aux marges de la
société. Les « banlieues » sont dites «
zones de non-droit » que la République est appelée
à « reconquérir ». Contrôles au
faciès, provocations diverses, persécutions de toutes
sortes se multiplient tandis que les brutalités
policières, parfois extrêmes, ne sont que rarement
sanctionnées par une justice qui fonctionne à deux
vitesses.
Pour exonérer la République, on accuse nos parents de
démission alors que nous savons les sacrifices, les efforts
déployés, les souffrances endurées.
Les mécanismes coloniaux de la gestion de l’islam sont
remis à l’ordre du jour avec la constitution du Conseil
français du Culte Musulman sous l’égide du
ministère de l’Intérieur. Discriminatoire, sexiste,
raciste, la loi anti-foulard est une loi d’exception aux relents
coloniaux.
Tout aussi colonial, le parcage des harkis et enfants de harkis. Les
populations issues de la colonisation et de l’immigration sont
aussi l’objet de discriminations politiques. Les rares
élus sont généralement cantonnés au
rôle de « beur » ou de « black » de
service. On refuse le droit de vote à ceux qui ne sont pas
« français », en même temps qu’on
conteste « l’enracinement » de ceux qui le sont. Le
droit du sol est remis en cause.
Sans droit ni protection, menacées en permanence
d’arrestation et d’expulsion, des dizaines de milliers de
personnes sont privées de papiers. La liberté de
circulation est déniée ; un nombre croissant de
Maghrébins et d’Africains sont contraints à
franchir les frontières illégalement au risque de leurs
vies.
La France a
été un Etat colonial...
Pendant plus de quatre siècles, elle a participé
activement à la traite négrière et à la
déportation des populations de l’Afrique sub-saharienne.
Au prix de terribles massacres, les forces coloniales ont imposé
leur joug sur des dizaines de peuples dont elles ont spolié les
richesses, détruit les cultures, ruiné les traditions,
nié l’histoire, effacé la mémoire. Les
tirailleurs d’Afrique, chair à canon pendant les deux
guerres mondiales, restent victimes d’une scandaleuse
inégalité de traitement.
... La France reste
un Etat colonial
En Nouvelle Calédonie, Guadeloupe, Martinique, Guyane,
Réunion, Polynésie règnent répression et
mépris du suffrage universel. Les enfants de ces colonies sont,
en France, relégués au statut d’immigrés, de
Français de seconde zone sans l’intégralité
des droits. Dans certaines de ses anciennes colonies, la France
continue de mener une politique de domination. Une part énorme
des richesses locales est aspirée par l’ancienne
métropole et le capital international. Son armée se
conduit en Côte d’Ivoire comme en pays conquis.
Le traitement des populations issues de la colonisation prolonge, sans
s’y réduire, la politique coloniale. Non seulement le
principe de l’égalité devant la loi n’est pas
respecté mais la loi elle-même n’est pas toujours
égale (double peine, application du statut personnel aux femmes
d’origine maghrébine, sub-saharienne...). La figure de
l’« indigène » continue à hanter
l’action politique, administrative et judiciaire ; elle innerve
et s’imbrique à d’autres logiques
d’oppression, de discrimination et d’exploitation sociales.
Ainsi, aujourd’hui, dans le contexte du
néo-libéralisme, on tente de faire jouer aux travailleurs
immigrés le rôle de dérégulateurs du
marché du travail pour étendre à l’ensemble
du salariat encore plus de précarité et de
flexibilité.
La gangrène
coloniale s’empare des esprits.
L’exacerbation des conflits dans le monde, en particulier au
Moyen-Orient, se réfracte immédiatement au sein du
débat français. Les intérêts de
l’impérialisme américain, le
néo-conservatisme de l’administration Bush rencontrent
l’héritage colonial français.
Une frange active du monde intellectuel, politique et médiatique
français, tournant le dos aux combats progressistes dont elle se
prévaut, se transforme en agents de la « pensée
» bushienne. Investissant l’espace de la communication, ces
idéologues recyclent la thématique du « choc des
civilisations » dans le langage local du conflit entre «
République » et « communautarisme ». Comme aux
heures glorieuses de la colonisation, on tente d’opposer les
Berbères aux Arabes, les Juifs aux « Arabo-musulmans
» et aux Noirs.
Les jeunes « issus de l’immigration » sont ainsi
accusés d’être le vecteur d’un nouvel
anti-sémitisme. Sous le vocable jamais défini
d’« intégrisme », les populations
d’origine africaine, maghrébine ou musulmane sont
désormais identifiées comme la Cinquième colonne
d’une nouvelle barbarie qui menacerait l’Occident et ses
« valeurs ».
Frauduleusement camouflée sous les drapeaux de la
laïcité, de la citoyenneté et du féminisme,
cette offensive réactionnaire s’empare des cerveaux et
reconfigure la scène politique. Elle produit des ravages dans la
société française. Déjà, elle est
parvenue à imposer sa rhétorique au sein même des
forces progressistes, comme une gangrène. Attribuer le monopole
de l’imaginaire colonial et raciste à la seule
extrême-droite est une imposture politique et historique.
L’idéologie coloniale perdure, transversale aux grands
courants d’idées qui composent le champ politique
français.
La
décolonisation de la République reste à
l’ordre du jour
La République de l’Egalité est un mythe.
L’Etat et la société doivent opérer un
retour critique radical sur leur passé-présent colonial.
Il est temps que la France interroge ses Lumières, que
l’universalisme égalitaire, affirmé pendant la
Révolution Française, refoule ce nationalisme
arc-bouté au « chauvinisme de l’universel »,
censé « civiliser » sauvages et sauvageons. Il est
urgent de promouvoir des mesures radicales de justice et
d’égalité qui mettent un terme aux discriminations
racistes dans l’accès au travail, au logement, à la
culture et à la citoyenneté. Il faut en finir avec les
institutions qui ramènent les populations issues de la
colonisation à un statut de sous-humanité.
Nos parents, nos grands-parents ont été mis en esclavage,
colonisés, animalisés. Mais ils n’ont pas
été broyés. Ils ont préservé leur
dignité d’humains à travers la résistance
héroïque qu’ils ont menée pour
s’arracher au joug colonial. Nous sommes leurs héritiers
comme nous sommes les héritiers de ces Français qui ont
résisté à la barbarie nazie et de tous ceux qui se
sont engagés avec les opprimés, démontrant, par
leur engagement et leurs sacrifices, que la lutte anti-coloniale est
indissociable du combat pour l’égalité sociale, la
justice et la citoyenneté. Dien Bien Phu est leur victoire. Dien
Bien Phu n’est pas une défaite mais une victoire de la
liberté, de l’égalité et de la
fraternité !
Pour ces mêmes raisons, nous sommes aux côtés de
tous les peuples (de l’Afrique à la Palestine, de
l’Irak à la Tchétchènie, des Caraïbes
à l’Amérique latine...) qui luttent pour leur
émancipation, contre toute les formes de domination
impérialiste, coloniale ou néo-coloniale.
Nous, descendants d’esclaves et de déportés
africains, filles et fils de colonisés et
d’immigrés, nous, Français et non-Français
vivants en France, militantes et militants engagé-es dans les
luttes contre l’oppression et les discriminations produites par
la République post-coloniale, lançons un appel à
celles et ceux qui sont parties prenantes de ces combats à se
réunir en Assises de l’anti-colonialisme en vue de
contribuer à l’émergence d’une dynamique
autonome qui interpelle le système politique et ses acteurs, et,
au-delà, l’ensemble de la société
française, dans la perspective d’un combat commun de tous
les opprimés et exploités pour une démocratie
sociale véritablement égalitaire et universelle.
Le 8 mai 1945 , la République révèle ses paradoxes
: le jour même où les Français fêtent la
capitulation nazie, une répression inouïe s’abat sur
les colonisés algériens du Nord-Constantinois : des
milliers de morts.
Le 8 mai prochain, 60ème anniversaire de ce massacre,
poursuivons le combat anticolonial par la première Marche des
indigènes de la République !
16 janvier 2005
> Initiateurs-trices
MAI 59 : Mouvement autonome de l’immigration du Nord, CMF
(Collectif des Musulmans de France), Oumma.com, GRAAF (Groupe de
Recherches Activistes sur l’Afrique), FETAF
(Fédération des Etudiants et Travailleurs Africains de
France), Droit des femmes musulmanes de France, collectif Les Mots sont
Importants, collectif féministe Les Blédardes,
TouTEsegaux.net, Festival Permanent contre les lois racistes
(Strasbourg), DiverCité (Lyon), ATMF (Association des
Travailleurs Maghrébins de France), groupe de rap « La
RUMEUR ».
et
Amar Assas (membre du bureau « harkis et droits de l’homme
»), Karim Azouz (Collectif des Musulmans de France), Fatima
Bammou (travailleuse sociale), Sidi Mohammed Barkat (philosophe),
Adnane Ben Youssef (CCIPPP), Said Bouamama (socio-économiste et
chargé de recherche à l’IFAR), Hamé Bourokba
(groupe de rap « La Rumeur »), Youssef Boussoumah
(coordinateur des Campagnes Civiles Internationales pour la Protection
du Peuple Palestinien/CCIPPP), Houria Bouteldja (Collectif
féministe les Blédardes), Jamila Chaïbi (militante
féministe), Jean-Luc Cipière (membre d’Attac
France), Monique Crinon (Cedetim), Christine Delphy (féministe),
Bernard Dréano (responsable associatif), Abdelmajid Guelmami
(socio-économiste), Moustapha Gueye (membre du cercle Franz
Fanon), Tidiane Gueye (Président de la Fédération
des Etudiants et Travailleurs Africains), Abdellali Hajjat (militant
d’Ici & Là-Bas), Alix Héricord (doctorante en
histoire), Fouad Imarraine (CMF), Najat Khanzy (enseignante), Sadri
Khiari (membre du comité de rédaction de la revue
ContreTemps), Meriem Laribi (Collectif une Ecole Pour Tous-tes),
Laurent Lévy (père de famille), Joëlle Marelli
(traductrice), Mehdi Meftah (membre de la coordination des
comités Palestine), Corinne Perron (représentante en
France de l’USTKE), Nicolas Qualander (membre du comité de
rédaction de la revue Contre-Temps), Frédéric
Sarkis (militant associatif), Ahcène Taleb (avocat, militant
anti-raciste), Pierre Tévanian (professeur de philosophie),
Sylvie Tissot (sociologue)
> Soutiens
Symbiosophia, Al Houda, UNIR, Les Périphériques vous
parlent, Palestine en Marche, Respect Association Lilloise (R.A.L.),
Femmes Plurielles, revue Multitudes, Ni Proxos Ni Machos, Cedetim
et
Marie-France Merrain Astegiani (membre du collectif Esclavage et membre
de l’Association des Descendants d’Esclaves Noirs et de
leurs amis, ADEN), Khaled Satour (universitaire), Eyal Sivan
(cinéaste), Catherine Samary (économiste), Nacira
Guénif-Souilamas (sociologue), Salah Amokrane (conseiller
municipal Motivé-e-s), Magyd Cherfi (artiste, Toulouse), Suzanne
Dracius (écrivain, Martinique), Batutela Dianbaza (juriste),
Corinne Angelini (maire adjointe de St Denis), Malika Zediri (militante
associative contre le chomage, conseillère régionale
Ile-de-France), Nabila Kéramane (Porte-parole des Verts,
Yvelines), Alima Boumediene-Thiery (sénatrice, les Verts), Eric
Hazan (La Fabrique), Francis Silande (responsable associatif), Djazia
Satour (chanteuse groupe MIG), François Burgat (islamologue),
Thomas Coutrot (économiste), Henri Maler (universitaire, Paris
8), Michael Löwy (directeur de recherches émérite,
CNRS), François Gèze (éditeur), Tarek Ben Hiba
(conseiller régional), Fernanda Marrucchelli (élue
municipale à Paris), Stéphane Le Lay (revue Mouvements),
Patrice Leclerc (conseiller général Haut-de-Seine),
Anne-Sophie Perriaux (historienne), Evelyne Joly-Rostan (cept-
Strasbourg), Paul Bouffartigue (sociologue, Directeur de Recherche au
CNRS), Pierre Zarka (animateur de l’observatoire des mouvements
de la société OMOS), Serge Guichard (membre du
comité exécutif national du PCF), Philippe
Marlière (politologue, université de Londres), Alain
Bertho (anthropologue), Vincent Geisser (chercheur, CNRS), Raymond
Vasselon (responsable d’une association laïque), Roger
Dubien (conseiller municipal de St-Etienne, forum des réseaux
citoyens), Stéphane Coloneaux (président du Comité
Métis), Yann Moulier Boutang (directeur de la revue Multitudes),
Roger Martelli (directeur de la revue Regards), Pierre Cours-Salies
(sociologue, professeur à Paris 8), Emmanuel Videcoq (Membre du
Comité de rédaction de la revue Multitudes), Gustave
Massiah (cedetim/IPAM), Ali Zahra (cfpe), Sylvestre Jaffard (militant
LCR), Jan Pauwels (cept), Bruno Cadez (journaliste), François
Lequeux (militants associatif), Yasmina Dif (CEPT-CMF), Antoine
Boulangé (Agir Contre la Guerre), Larisse Chamous-Agathe
(adhérente à Al Houda, association des femmes musulmanes
de Rennes), Emilie Combaz (doctorante en relations internationales),
Lahlali Khadija (Al Houda, Collectif rennais contre les lois
d’exclusions), Fatima Lahlali (Al houda et Collectif contre les
lois d’exclusions), Catherine Cauwet (cfpe), Sonia Gharbi
(Attachée commerciale), Ismahane Chouder (Symbiosophia), Raul
Mora ( libraire), Nourhen Imarraine (militante associative),
Jérôme Perret (Militant AC !), Olfa Lamloum (politologue),
Georges Günther (membre du Forum des réseaux citoyens de
St-Etienne), Ali Aissaoui (Président d’Unir), Ndella Paye
(PSM), Bahija Ouezini (militante féministe), Jean-Claude Meyer
(professeur honoraire de philosophie, Strasbourg), Cécilia Baeza
(Sciences potiches se rebellent), Danièle Mourgue (Professeur,
CFPE, Lyon), Zouina Meddour (directrice du centre social « la
maison des tilleuls », Blanc-Mesnil), Jacques Fortin (LCR,
Avignon), Louiza Belhamici (CFPE), Virginia Marconi (éditrice),
Karim Ramadan (anarchiste), Soumia (CEPT), Nathalie Dollé
(journaliste), Fouzia Bareha (Al Houda), Mariam Abdelkadir (Al Houda),
Ilham Dagniet (infirmère, Rennes), Karima Aazi (étudiante
en biologie), Fatima Ali (CEPT), Christelle Hamel (sociologue), Alice
Dula (CEPT), Hassan Berber (CGT), Nelly Bourguet-Canale (CEPT),
Valérie Lesaffre (designer textile), Fatima Sissani
(journaliste), Fabien Bonnassieux (militant associatif), Philippe
Villechalane (militant associatif), Marie Perin (militante des JCR et
de la LCR), Mourad Zirari (militante associatif), Yasmina Kherfi
(monteuse vidéo), Antoine Math (chercheur et militant
associatif), Rachid Zrioui (professeur des écoles), Jean-Jacques
Angelini (militant AFPS Nord Pas de Calais), Sandrine Cypryszczak
(militante LCR), Isabelle Lorand (chirurgienne), Renaud Cornand
(Aix-Solidarité), Nadine Stoll (responsable du PCF de la
Haute-Garonne), Sylvie Larue (membre du CN du PCF), Meriem Guettari (
étudiante ), Ahmed Abdelouadoud (Centre Al Qalam), Houda
Gueddoudj (Réseau Action Jeunes), Rachid Oulmi ( Forum des
Réseaux Citoyens ), Nadia Touil (étudiante), Amina Sahel
( Réseau Egalité des Droits - Forum des Réseaux
Citoyens), Patrick Silberstein (Éditions Syllepse), Leila
Boubakri (étudiante en sociologie), Saer Saïd (militant
associatif), Annie Couëdel (Maître de conférences en
sciences sociale de l’éducation, Snesup), Ramzi Oueslati
(militant associatif), Bertrand Lazard Peillon (LCR), Naceur Benrabah
(Syndicaliste), Siryne Zoughlami (professeur de philosophie),
François Tarot (musicien), Danielle Sanchez (ingénieur),
Clément Aumeunier (militant associatif - Motivé-e-s),
Françoise Galland (maire adjointe, XXème arrondissement),
Jean-Philippe Milesy (président de Resol) Horri Badia
(technicienne de la documentation), Emmanuel Dubuc (Informaticien),
Patrick Mony (juriste), Michel Jouvin (Cedetim), Fatiha Dahmani
(enseignante), Michèle Sibony (professeur de Lettres), Hamida
Bensadia (féministe et militante des droits de l’homme),
Gilles Bénard (Alternative Citoyenne), Hichem Abdessamed
(chercheur, membre de l’association Filigranes), Gil Anidjar
(chercheur), Sabrina Cerqueira (professeur de philosophie),
Grégory Mikaelian (doctorant), Lucile Daumas (documentaliste,
Maroc), Emmanuel Levaufre (professeur de philosophie), Elisabeth
Longuenesse (chercheuse, membre d’Attac), Marie Cousein
(étudiante en psychologie), Marie-Claire Culie (membre du CEN du
PCF), Mohamed El Yamani (traducteur), Jean-christophe Chaumeron
(syndicaliste CGT), Anne-Marie Chartier (enseignante à la
retraite), Guillaume Lachenal (GRAAF), Fabienne Messica (Cedetim),
Jean-Yves Barrère (Cedetim), Sonia Fayman (Cedetim), Aïcha
Touati (féministe, militante des droits de l’homme), Annie
Héricord (assistante sociale) , Antonio Davis (Informaticien) ,
Anthony Lemessier (Cadre) , Hafez Bouhlel (Enseignant) , Yamin Tabarky
(Webmaster)
)
Lire
aussi :
Les Verts à l'écoute de
l'Appel des indigènes
(15 avril 2005)
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